• Japon : une chaîne de restauration veut produire du riz à Fukushima

    La marque de restauration japonaise Yoshinoya a déclaré son intention de faire produire son propre riz et ses propres légumes dans la région sinistrée de Fukushima, frappée par un tsunami et un accident nucléaire le 11 mars 2011.

    Coup de com’ et décision stratégique

    L’entreprise a ouvert sa première exploitation agricole, baptisée «Yoshinoya Farm Fukushima» et installée à 80 kilomètres de la centrale nucléaire. Spécialiste du «gyudon», ce bol de riz recouvert de viande de bœuf, la chaîne de restauration espère cultiver 13 hectares d’ici 2017-2018 pour produire tous les ingrédients nécessaires à ce plat vedette.
    L’entreprise s’est installée grâce à l’aide de la préfecture de Fukushima. Cette décision est à la fois stratégique sur le plan économique et d’un point de vue communicationnel. Ses dirigeants ont annoncé avoir depuis longtemps le souhait de sécuriser leur approvisionnement et minimiser leurs coûts.
    Une décision prise pour aider la région sinistrée
    La région de Fukushima était traditionnellement l’une des grandes régions agricoles du Japon. Ravagée par le tsunami de 2011, ce territoire est celui où la plus grande proportion de terre est actuellement en jachères.
    Dans des propos relayés par l’AFP, un porte-parole de Yoshinoya a déclaré: «Bien entendu nous allons contrôler la radioactivité des produits et n’utiliserons que ceux dont le niveau sera inférieur à la limite légale fixée par les autorités».

  • Un an après Fukushima, le mythe du tout nucléaire remis en cause

    François Gemenne, chercheur à l’Iddri, actuellement au Japon pour étudier les conséquences sociopolitiques de la catastrophe du 11 mars 2011, relate vendredi 9 mars dans Métro la défiance du peuple japonais vis-à-vis du nucléaire:

    «Cet événement a profondément modifié la perception du risque dans la société japonaise. Il a cassé le mythe de la société nucléaire et de la préparation absolue du Japon par rapport aux séismes et aux risques naturels. On observe une plus grande défiance par rapport au gouvernement et à l’énergie nucléaire.»

    Fin février, un bilan sanitaire de la catastrophe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a donné des résultats inquiétants. La population est mise en danger par les éléments radioactifs qui se sont propagés dans l’atmosphère. Les dépôts dans les sols ont contaminé les aliments et ont pu être absorbés par les habitants. Selon les données de l’IRSN, une dose efficace de 10 millisievert (mSv), dix fois plus que la dose maximale admissible en France, aurait pu être reçue jusqu’à 40km au sud de la centrale de Fukushima quelques jours après le tsunami.

    Le 8 mars, le collectif le collectif «Génération Fukushima» lançait dans l’Express un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils s’engagent contre le nucléaire :

    «Nous sommes la génération née avec Tchernobyl et les marées noires, mais aussi la génération d’Internet, de l’échange et du partage de l’information libre. Pour nous, le savoir est une arme. Nous ne serons plus dupes sur les conséquences de cette énergie comme l’ont été nos parents: les mensonges de l’industrie nucléaire nous sont insupportables.»